Avis Gaming sur Prime Monster

Prime Monster
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Temps de lecture estimé : 6 minute(s)

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Prime Monster ne cache pas ses intentions dès son titre : devenir le monstre en chef d’un parlement où plus personne n’a vraiment de limites. Développé et édité par Cavalier Game Studios, en association avec Rekoup, ce roguelike à base de cartes est sorti le 4 mai dernier sur Steam. On y incarne un représentant politique bien décidé à grimper les échelons du pouvoir, quitte à mentir, manipuler et saboter ses adversaires pour y arriver. Je vous raconte ce que j’en ai pensé.

Prime Monster
Prime Monster

Informations

  • Développeur : Cavalier Game Studios.
  • Éditeur : Cavalier Game Studios et Rekoup.
  • Genre(s) : roguelite, deckbuilding, stratégie.
  • Plateforme(s) : Windows.
  • Disponible sur : Steam (page du jeu).
  • Date de sortie : 4 mai 2026.
  • Langue(s) : interface disponible en français, ainsi qu’en anglais, allemand, espagnol et chinois simplifié, sans doublage ni sous-titres traduits dans aucune langue.
  • Prix : 19,99€.
  • Résumé : dans Prime Monster, on incarne l’un des trois monstres jouables, Chopper Badstone, Viscount Sucksworth ou Rotilda De Cay, avec l’objectif de devenir Premier Monstre au sein d’un parlement entièrement dirigé par des créatures. Face à trente représentants issus de quinze partis politiques, il faut jouer des cartes pour leurs effets ou les convertir en capital politique afin de déclencher des tactiques plus puissantes, tout en gérant son autorité, sa popularité et ses finances au fil des débats, des votes et des scandales.
Screenshot du gameplay de Prime Monster
Screenshot du gameplay de Prime Monster

Avis sur Prime Monster

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en lançant Prime Monster, tant l’idée d’un roguelike centré sur un parlement de monstres sonnait à la fois comme une blague et comme un pari risqué. Au bout de quelques parties, j’ai vite compris que le concept tenait clairement la route.

Dès les premières parties, c’est l’originalité du postulat qui m’a happée. On croise des roguelikes à toutes les sauces depuis quelques années, mais je n’en avais encore jamais vu un transformer la politique en terrain de jeu aussi tordu. Ici, pas de donjon à explorer ni de monstre à abattre au corps à corps : on négocie, on intimide, on manipule, et chaque carte jouée peut aussi bien servir un discours qu’un chantage. C’est rafraîchissant de voir un jeu de cartes sortir des sentiers battus avec une idée aussi maline.

La direction artistique accompagne parfaitement cette ambiance. Les trente représentants qui peuplent l’Assemblée sont tous plus grotesques les uns que les autres, entre traits difformes, sourires inquiétants et postures ridicules qui collent à merveille à l’univers dystopique du jeu. On sent que chaque monstre a été pensé pour incarner une caricature précise du monde politique, et ça fonctionne très bien visuellement.

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est le sentiment d’avoir un parlement réellement vivant en face de soi. Les autres représentants réagissent aux décisions prises, les alliances bougent d’une partie à l’autre, et l’impression de jouer face à une assemblée qui existe vraiment, avec ses tensions et ses petits jeux d’influence, donne beaucoup de personnalité à chaque run.

En revanche, jongler entre les quatre ressources du jeu, l’autorité, le capital politique, la popularité et l’argent, est loin d’être aussi simple qu’il n’y paraît au départ. Il faut sans arrêt arbitrer entre plusieurs urgences à la fois, et j’ai souvent eu l’impression de courir après mes propres choix plutôt que de vraiment les maîtriser. Ce n’est pas un problème en soi, ça fait partie du challenge, mais la difficulté m’a semblé assez inégale d’une partie à l’autre : certains runs se sont enchaînés sans trop de mal, d’autres m’ont mise en difficulté dès les premiers tours sans que je comprenne vraiment pourquoi.

Par contre, il faut aussi composer avec la part de hasard inhérente au deckbuilding, et elle peut clairement plomber une partie. Une mauvaise main tirée au mauvais moment, sans la carte qu’il fallait pour éteindre un scandale ou remonter sa popularité à temps, et c’est toute la run qui part en fumée en quelques tours. J’ai vécu plusieurs parties frustrantes à cause de ça, avec l’impression de perdre non pas à cause de mauvaises décisions, mais simplement d’un tirage malchanceux.

Il faut enfin le dire clairement : Prime Monster est un jeu très sombre, dans son ton comme dans son humour noir. On y parle de scandales, de manipulation, d’intimidation et de politiciens prêts à tout, sans grande tendresse pour le monde qu’il dépeint. Ce cynisme assumé ne conviendra pas à tout le monde, et les joueur·euses en recherche d’une expérience plus légère risquent de ne pas s’y retrouver.

Au final, Prime Monster est un roguelike qui ose un concept vraiment original, porté par une direction artistique grotesque bien pensée et un parlement de monstres qui donne l’impression d’être réellement vivant. La difficulté inégale et la part de hasard parfois frustrante viennent ternir un peu l’expérience, tout comme son ton très sombre qui ne séduira pas tout le monde, mais pour qui aime la satire politique noire et les runs incertaines, il y a clairement de quoi s’y accrocher.

Survivras-tu à l’Assemblée ?

En résumé

Points fortsPoints faibles
– Un concept vraiment original pour un roguelike, entre satire politique et deckbuilding
– Une direction artistique grotesque qui colle parfaitement à l’univers du jeu
– Un parlement qui donne l’impression d’être réellement vivant, avec ses tensions et ses alliances
– Un ton cynique et assumé pour qui aime l’humour noir
– Une difficulté assez inégale d’une partie à l’autre
– Une bonne dose de hasard dans le deckbuilding, capable de ruiner une run à elle seule
– Un ton très sombre qui ne conviendra clairement pas à tout le monde
– Aucun doublage ni sous-titre traduit, seule l’interface est disponible en français

L’article en bref pour les pressés

Prime Monster (Cavalier Game Studios, 19,99€) est un roguelike deckbuilding qui transforme la politique en terrain de jeu grotesque, où l’on incarne un monstre bien décidé à devenir Premier Monstre d’un parlement particulièrement vivant. Le concept est original et la direction artistique colle parfaitement à l’ambiance, mais la difficulté inégale et la part de hasard du deckbuilding peuvent vite ruiner une run. Un jeu très sombre, à réserver aux amateur·ices d’humour noir et de satire politique.


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