Avis lecture [Roman ; SP] – Et mettre un pied devant l’autre

Et mettre un pied devant l'autre
Et mettre un pied devant l'autre

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Bonjour tout le monde !!!

Comment allez-vous ? J’espère que vous ĂŞtes en forme ? Nous continuons dans les lectures aujourd’hui et j’espère que vous ĂŞtes pris pour un moment plein de douceur qui pourra vous plaire. Sur ce, je vous laisse avec le rĂ©sumĂ© et mon avis.

Lou a toujours admirĂ© son père, Ă©minent pĂ©dagogue. Comme une Ă©vidence, elle a choisi de marcher sur les traces de son modèle. Adam, 14 ans, dont la famille n’a pas Ă©tĂ© sauvĂ©e par l’Ă©cole, trouve quant Ă  lui dans cette institution Ă  la fois un refuge et un exutoire. En perpĂ©tuelle colère, il bouscule Lou, au sens propre comme au sens figurĂ©, et mène la danse. Jusqu’au jour oĂą tout bascule… Un bourreau peut-il en cacher un autre ? Toutes les vĂ©ritĂ©s sont-elles bonnes Ă  entendre ? Une relation en miroir, oĂą chacun devient le catalyseur de la transformation et de la rĂ©silience de l’autre. Autrice de nombreux ouvrages jeunesse et d’un premier roman autoĂ©ditĂ©, intitulĂ© La vie qui nous attendait, Louison Nielman signe ici son deuxième roman contemporain.

Comme une respiration entre deux tempêtes, Et mettre un pied devant l’autre m’a offert une lecture à la fois douce et percutante. Dès les premières pages, j’ai ressenti cette tension sourde, ce besoin de faire un pas, juste un, quand tout semble figé autour de soi. Le roman se tisse autour de Lou, une jeune prof de maths, en plein naufrage émotionnel. Chaque matin est une lutte pour se rendre en classe, chaque heure un effort pour ne pas craquer. À travers ses yeux, j’ai redécouvert la dureté du monde scolaire, les couloirs oppressants, les regards durs, les gestes parfois violents. Et puis, il y a Adam. Élève « difficile », adolescent au bord du gouffre, qui crie plus fort que les autres pour qu’on entende ce qu’il ne peut pas dire. Leur rencontre aurait pu n’être qu’un clash de plus. Et pourtant…

Il y a quelque chose d’extrêmement humain dans la manière dont Louison Nielman fait se croiser ces deux êtres cabossés. La douleur ne s’expose pas ici comme un cri, mais comme un silence prolongé, un poids qu’on traîne. Lou sent, devine qu’il y a autre chose chez Adam. Quelque chose qu’on a trop vite voulu enterrer sous les étiquettes. Et à force de patience, de regards, de mots posés comme des ponts, elle ouvre une brèche. L’auteur aborde le thème du haut potentiel intellectuel sans jamais le réduire à un cliché. Chez Adam, ce n’est pas une solution miracle, mais une clé de lecture, une possibilité de compréhension. Et c’est là que le récit devient lumineux : dans cette lente construction, dans la possibilité d’une réparation.

J’ai particulièrement aimé la justesse de la plume. C’est simple, vrai, sans effet de manche, mais avec une vraie sensibilité. On ressent l’usure de Lou, ses doutes, sa fragilité. On sent aussi l’urgence chez Adam, sa colère comme une carapace pour ne pas sombrer. Le roman ne cherche pas à enjoliver le quotidien : il parle de burn-out, d’élèves paumés, de parents absents ou toxiques, de l’Éducation Nationale et de ses limites. Mais il le fait avec beaucoup de respect, de pudeur, sans juger. Et ça, c’est fort.

Certaines scènes m’ont serré le cœur, d’autres m’ont redonné un peu d’espoir. Ce n’est pas une lecture pleine d’action ou de rebondissements spectaculaires. C’est un roman de regards, de gestes minuscules mais puissants, de silences qui en disent long. Une lecture qui peut paraître calme en surface, mais où tout se joue à l’intérieur.

Alors bien sûr, pour certains lecteurs, le ton posé pourra sembler lent. D’autres trouveront peut-être le fil narratif un peu prévisible, notamment autour du potentiel d’Adam. Mais pour moi, cela n’enlève rien à la sincérité du message, ni à l’émotion que j’ai ressentie. C’est un roman qui m’a suivie après la dernière page, qui m’a fait réfléchir sur ce que ça coûte d’être enseignant, sur la nécessité d’être vu, entendu. Et sur l’importance, parfois, de simplement mettre un pied devant l’autre.

Et vous, comptez-vous y plonger ?


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