Avis lecture [Roman ; SP] Alors j’ai oublié d’hésiter

Alors j’ai oublié d’hésiter
Alors j’ai oublié d’hésiter

Service presse venant de Simplement.pro, merci pour la confiance.

Alix, mère trentenaire célibataire, est confrontée à un revers majeur qui bouleverse ses projets de vie. Elle décide de ne rien dire à June, sa fille de 7 ans, afin de la protéger. Mais June n’est pas tout à fait naïve. Elle sent que quelque chose va de travers et décide d’enquêter… à sa manière. Nino, leur voisin, un retraité grincheux qu’elles rencontrent par hasard dans l’escalier, se retrouve rapidement et malgré lui pris dans cette aventure.

C’est une histoire de rencontres, de résilience et de secondes chances. C’est l’histoire d’une mère qui persévère malgré les revers que la vie lui inflige, d’une jeune fille dont la naïveté l’aide à grandir en douceur, et d’un vieil homme qui ne croyait plus en l’avenir et qui recommence à sourire lorsqu’il se réveille.

Je l’ai lu comme on écoute quelqu’un parler à voix basse, sans hausser le ton, mais avec cette sincérité qui te touche droit au cœur. Alors j’ai oublié d’hésiter de Diane Fastrez fait partie de ces romans qui ne cherchent pas à impressionner, mais à accompagner. Il ne crie jamais, il murmure, et c’est précisément là que sa force réside.

On y suit Alix, mère célibataire, qui voit sa vie vaciller à la suite d’un événement brutal. Rien de spectaculaire dans la forme, mais un bouleversement intime, profond, qui fissure le quotidien. Alix fait ce que beaucoup font quand tout menace de s’effondrer, elle encaisse, elle protège, elle tait ce qui fait trop mal. Elle choisit de ne rien dire à sa fille June, sept ans, persuadée que le silence est une forme de refuge. Sauf que les enfants sentent tout. June comprend que quelque chose ne va pas et décide, avec sa logique à elle, de remettre un peu d’ordre dans ce chaos invisible. Autour d’elles gravite Nino, le voisin grincheux en apparence, qui va se retrouver impliqué presque malgré lui dans cette histoire de survie douce.

Ce qui m’a marquée, c’est la tendresse avec laquelle Diane Fastrez regarde ses personnages. Il n’y a pas de jugement, pas de leçon plaquée. Juste des êtres fatigués, parfois perdus, souvent touchants, qui font de leur mieux avec ce qu’ils ont. L’écriture est simple, fluide, accessible, mais jamais vide. Elle sait capter ces petits riens du quotidien qui disent beaucoup. Une pensée qui dérape, une phrase d’enfant qui tombe juste, un geste anodin qui réconforte plus qu’un long discours. Il y a aussi de l’humour, discret, humain, qui vient alléger les moments les plus lourds sans les minimiser.

Le roman se lit vite, peut être même trop vite. Par moments, j’aurais aimé que certaines émotions soient creusées davantage, que certains passages prennent un peu plus le temps de faire mal ou de faire vibrer. On sent parfois les codes du feel good, avec des situations un peu attendues et des résolutions qui restent sages. Ce ne sont pas de vrais défauts, plutôt les traces d’un premier roman qui cherche encore son équilibre entre douceur et intensité. J’aurais aimé être bousculée un peu plus, mais j’ai aussi apprécié cette retenue, presque pudique.

Au final, Alors j’ai oublié d’hésiter est un roman qui fait du bien sans être creux. Il parle de fragilité, de parentalité, de solitude et de solidarité, sans jamais forcer l’émotion. C’est un livre qui te rappelle que l’on peut tomber, douter, se taire, et malgré tout continuer à avancer. Pas parce que tout va mieux, mais parce qu’on n’est pas complètement seul. Et parfois, oublier d’hésiter, c’est juste accepter de faire un pas, même tremblant, vers un peu de lumière.

Et toi, le liras-tu ?


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