Avis lecture BD sur La Passe-Miroir, tome 1 : Les Fiancés de l’Hiver
Retrouver **La Passe-Miroir** sous forme de bande dessinée était forcément une expérience un peu particulière pour moi, puisque j’avais déjà découvert et beaucoup apprécié le roman de Christelle Dabos. J’avais donc une image très personnelle de l’univers, des personnages et surtout de cette étrange Citacielle. Pourtant, dès les premières pages, j’ai eu cette agréable sensation de redécouvrir une histoire que je pensais pourtant connaître. Ce qui m’a le plus marquée dans cette adaptation, c’est évidemment le travail de **Vanyda**. Son trait délicat et ses couleurs donnent une véritable identité visuelle à l’univers de Christelle Dabos. Ophélie correspond assez bien à l’image que je m’étais faite d’elle, avec cette maladresse, cette discrétion et cette apparente fragilité qui cachent finalement beaucoup plus de détermination qu’on pourrait le croire. Même chose pour Thorn, dont le côté froid et intimidant ressort particulièrement bien. Mais c’est surtout le monde qui m’a impressionnée. Les Arches, les objets animés, les pouvoirs d’Ophélie, puis cette immense Citacielle froide et inquiétante prennent une toute autre dimension une fois représentés sous nos yeux. Là où le roman nous demandait d’imaginer chaque détail, la BD nous offre une vision concrète de cet univers foisonnant, sans pour autant lui faire perdre son étrangeté. Certaines planches donnent vraiment envie de s’arrêter quelques instants pour en observer les détails. J’ai également apprécié la façon dont l’adaptation conserve cette ambiance particulière qui m’avait tant plu dans le roman. Il y a toujours ce mélange de merveilleux, de malaise et de danger qui accompagne Ophélie dans son arrivée au Pôle. Derrière les belles façades et les apparences se cachent des intrigues, des personnages difficiles à cerner et cette impression constante que quelque chose nous échappe. La relation entre Ophélie et Thorn fonctionne également très bien, notamment grâce aux silences et aux expressions qui permettent parfois de faire passer énormément de choses sans avoir besoin de longs dialogues. Forcément, passer d’un roman aussi dense à une bande dessinée implique quelques différences. Certaines émotions ou subtilités m’ont semblé un peu moins développées que dans le roman, simplement parce que le format ne permet pas toujours de s’attarder de la même manière sur les pensées d’Ophélie. Mais je trouve que l’essentiel est là, et surtout que l’adaptation ne donne jamais l’impression de simplement résumer l’histoire. Au contraire, elle apporte une nouvelle manière de parcourir cet univers. Après avoir découvert **Les Fiancés de l’Hiver** en roman, j’ai beaucoup aimé pouvoir enfin voir prendre vie les lieux et les personnages que j’avais imaginés. Et pour quelqu’un qui découvrirait **La Passe-Miroir** avec cette version, je pense que l'expérience peut être tout aussi intéressante, même si certains éléments de l’univers prennent probablement davantage de profondeur dans le roman. En refermant cette bande dessinée, j’ai surtout eu envie de retourner à la Citacielle. C’est probablement le meilleur compliment que je puisse lui faire : malgré une histoire que je connaissais déjà, Vanyda a réussi à me donner envie de refaire le voyage. Une très belle adaptation, délicate et immersive, qui permet de redécouvrir La Passe-Miroir avec un regard différent.