Avis lecture [SP ; Roman] Sur Ordonnance

Sur Ordonnance
Sur Ordonnance

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Informations

  • Auteur-ice : Céline Demarbaix.
  • Maison d’édition : Empreinte.
  • Série ou One Shot : One Shot.
  • Genre(s) : Thriller ; Romance.
  • Prix : 16€
  • Résumé : Ocytocine, Testostérone, Endorphines, Lulibérine… Et si l’amour n’était dû qu’à un subtil mélange hormonal ? Au bord du pont de Traneberg à Stockholm, Lisbet se trouve à un carrefour tragique : celui du désespoir amoureux poussé à son paroxysme. C’est là que Fredrika, docteur en neuroscience au raisonnement aussi clinique qu’intrigant, lui tend une main secourable assortie d’une proposition hors du commun. Ce pacte inattendu ouvre la porte à un récit captivant qui interroge : nos émotions sont-elles simplement l’émanation d’un cocktail chimique maîtrisable sur ordonnance ? Loin des clichés romantiques éculés, ce roman plonge le lecteur dans une exploration fascinante des arcanes du coeur humain…

Avis

Avec Sur ordonnance de Céline Demarbaix, j’ai eu cette impression d’entrer dans une histoire qui joue avec les émotions sans jamais vraiment les laisser tranquilles. Ce n’est pas une simple romance, et ce n’est pas non plus un thriller classique. C’est un entre-deux qui dérange un peu, mais qui intrigue suffisamment pour continuer.

Tout part d’une idée simple en apparence, mais assez vertigineuse. Et si l’amour n’était qu’une question de chimie, un équilibre d’hormones qu’on pourrait ajuster comme un traitement médical. À travers Lisbet et cette proposition étrange faite par une neuroscientifique, le roman installe une tension presque constante, comme un doute qui ne disparaît jamais vraiment.

Ce qui fonctionne vraiment bien, c’est ce concept. Il porte tout le récit et donne une dimension presque dérangeante à chaque interaction. On se surprend à remettre en question les sentiments des personnages, mais aussi les nôtres, et c’est là que le roman devient intéressant. La construction en quasi huis clos renforce encore cette sensation d’étouffement, avec une tension psychologique qui s’installe progressivement et ne lâche plus vraiment.

Les personnages, eux, ne sont pas là pour être aimés facilement. Ils oscillent entre sincérité et ambiguïté, ce qui les rend à la fois humains et difficiles à cerner. On s’attache, mais avec une certaine méfiance, et ce mélange fonctionne plutôt bien. La plume est fluide, directe, efficace, ce qui rend la lecture rapide, presque addictive par moments.

Mais il y a aussi quelques limites. Le format assez court donne parfois l’impression que certaines idées restent en surface. Le potentiel est là, clairement, mais tout n’est pas exploité jusqu’au bout, et on aurait aimé que certains aspects soient davantage développés. Le côté très conceptuel peut aussi créer une distance émotionnelle, comme si on réfléchissait plus qu’on ne ressentait vraiment.

Au final, Sur ordonnance est une lecture qui sort un peu des cadres. Un roman qui interpelle plus qu’il ne rassure, qui pose des questions plutôt qu’il n’apporte des réponses, et qui laisse derrière lui une sensation étrange. Celle d’avoir touché à quelque chose de très intime, sans être totalement sûre de ce que c’était vraiment.

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