Avis lecture [SP ; Roman] Les Secondes Volées

Les Secondes Volées
Les Secondes Volées

Service presse reçu via Simplement.pro.

Informations

  • Auteur-ice : Aurélien Morin.
  • Maison d’édition : Autoédition.
  • Genre(s) : Drame.
  • Prix : 10,60€
  • Résumé : 17h17. L’instant où tout s’est brisé. Pour Jean Morlaix, horloger méticuleux, le temps ne soigne rien : il s’empile. Depuis dix ans, depuis la mort de sa fille Lise, Jean règle sa vie sur une seule obsession : le souvenir. Lorsque Antoine Sorel, le responsable du drame, revient au village, la mécanique de Jean s’emballe. Antoine n’est pas revenu pour défier le père endeuillé, mais pour accompagner les derniers jours de sa mère. Entre les deux hommes, une guerre silencieuse s’engage. D’un côté, un père prêt à tout pour faire payer l’assassin. De l’autre, un homme rongé par la culpabilité qui accepte chaque coup comme une dette. Mais le passé n’est jamais aussi simple. Au fil des souvenirs qui remontent, les certitudes se fissurent. Derrière la tragédie que Jean croit connaître par cœur, se cache une mécanique bien plus insidieuse. Une histoire de non-dits et de limites franchies bien avant l’heure fatale. Ni héros ni monstres : juste deux humains à bout de forces. Dans ce roman psychologique à deux voix, Aurélien Morin explore la mécanique complexe du deuil. Quand la haine finit par s’épuiser avant la douleur, que reste-t-il aux vivants pour tenir debout ?

Et, dans l’angle supérieur gauche, un minuscule cadran gravé.
Les aiguilles y sont figées sur une heure unique : 17h17.
Dix ans plus tard, cette heure claque encore comme une gifle.
Le temps qu’il faisait, le vent qui soufflait, l’ombre qui tombait sur la rivière… tout cela s’est effacé, mais l’heure est restée.

Les Secondes Volées

Avis

Ce roman m’a profondément marquée. Les Secondes Volées d’Aurélien Morin tisse une tension psychologique intense autour du deuil, de la vengeance et de la culpabilité, sans jamais tomber dans le sensationnalisme. L’histoire suit Jean, horloger et père brisé, qui voit réapparaître dans son village l’homme responsable de la mort de sa fille, dix ans plus tôt. Ce retour n’a rien de spectaculaire. Il est lent, presque silencieux, comme un mécanisme d’horlogerie qui se remet en marche. Chaque seconde semble peser davantage. En parallèle, on découvre Antoine, celui qui porte la faute et tente tant bien que mal de continuer à vivre avec ce poids. Ce que j’ai le plus aimé, c’est ce flou moral permanent. On comprend la douleur du père. On ressent aussi l’humanité fissurée de l’autre. On ne sait plus vraiment où placer sa colère. Et cette hésitation, cette tension intérieure, m’a tenue jusqu’au bout.

L’écriture est maîtrisée, précise, presque délicate malgré la violence émotionnelle du sujet. Il y a une vraie gestion du rythme. La montée en tension se fait progressivement, sans effet facile. La narration alterne les points de vue, ce qui donne de l’épaisseur aux personnages et permet d’explorer les différentes facettes du drame. J’ai particulièrement apprécié cette manière de montrer que personne ne sort indemne d’un tel événement, que la culpabilité et la douleur s’infiltrent partout, même là où on ne les attend pas.

Du côté des points forts, je retiens surtout la profondeur psychologique, l’ambiance lourde mais cohérente, et cette capacité à faire réfléchir sans imposer une morale simpliste. On ressort avec des questions, et c’est précieux. En revanche, l’atmosphère est très dense. Ce n’est pas une lecture légère. Par moments, j’aurais aimé une respiration un peu plus marquée, un contraste plus lumineux pour équilibrer la noirceur ambiante. Cette intensité constante peut peser, surtout si l’on traverse soi-même une période fragile.

C’est un roman qui remue, qui demande de l’attention et de l’implication. Il ne cherche pas à plaire à tout prix, mais à toucher juste. Et pour moi, il y parvient.

Le liras-tu ?


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