Avis lecture [Roman] Contrer les brumes – Tome 1 – Le guet de More 

Contrer les brumes Tome 1 Le guet de More
Contrer les brumes Tome 1 Le guet de More

Informations

  • Auteur-ice : Léa Muna.
  • Maison d’édition : Scrineo.
  • Série ou One Shot : Série.
  • Genre(s) : Fantasy.
  • Prix : 19,90€
  • Résumé : Au cœur de l’Amertume, là où le danger rode, la rencontre entre Clervie et le chimèron remettra en question tout ce qu’elle pensait savoir… Et si cet hybride mi-humain, mi-chimère, était la preuve vivante d’un salut pour l’humanité ?
    Dans l’Amertume, une étendue de brumes mortelles, les chimères rôdent.
    Clervie, domestique sur le guet de More, passe ses journées au service de messer Sénoc, un éminent alchimiste. Entre préparation du feu bleu et relevés du front brumeux, toutes les précautions sont bonnes pour se protéger de l’Amertume.
    Juste avant la grande marée, les hommes du bastion découvrent l’existence d’un chimèron, un hybride mi-humain, mi-chimère. Les inquiétudes s’accroissent avec la montée des brumes. Quelles sont les véritables intentions de cette créature ?
    Lorsque Clervie découvre qu’elle a des facultés similaires à celles du chimèron, tout bascule : un lien se tisse entre eux, et elle doit maintenant choisir entre son cœur et ses devoirs.
    Et si le chimèron n’était pas une menace, mais la preuve vivante d’un salut pour l’humanité ?

Ici, au guet de More, la folie guettait les hommes, et la brumoise n’en était pas toujours responsable. Non, c’était un vice insidieux, logé dans notre cœur, qui nous poussait à nous entre-déchirer.

Ce monde était bon à jeter.

Contrer les brumes – Tome 1 – Le guet de More

Avis

Contrer les brumes, Tome 1 : Le Guet de More de Léa Muna est une lecture qui ne s’impose pas d’un coup, mais qui s’infiltre lentement, comme la brume qu’elle met en scène. Au début, j’ai ressenti une forme de retenue, comme si le roman me demandait de m’arrêter, d’observer, de m’habituer à son rythme avant de vraiment me laisser entrer.

Et pourtant, une fois immergée, il devient difficile d’en sortir.

L’univers est sans doute ce qui m’a le plus marquée. Cette brume, appelée l’Amertume, n’est pas qu’un danger lointain, elle est presque vivante, oppressante, toujours présente. Elle engloutit tout, et avec elle, une faune étrange, des chimères inquiétantes qui donnent au récit une tension constante. Le cadre du guet de More, presque entièrement clos, renforce cette sensation d’enfermement. On ne voyage pas vraiment, mais on ressent tout. L’atmosphère est lourde, poisseuse, et pourtant fascinante.

Ce que j’ai aimé aussi, c’est le soin apporté au worldbuilding. On sent que tout est réfléchi, que ce soit l’alchimie, les règles sociales, ou même la manière dont les personnages parlent et interagissent. Il y a une vraie cohérence, quelque chose de presque tangible dans cet univers.

Clervie, l’héroïne, m’a touchée d’une manière assez discrète. Elle ne cherche pas à briller, elle n’est pas une héroïne spectaculaire, et c’est justement ce qui la rend crédible. Elle évolue dans un monde dur, profondément masculin, où elle doit constamment trouver sa place. Sa force est plus intérieure, plus silencieuse, et j’ai apprécié cette approche plus nuancée.

La plume de l’autrice accompagne parfaitement tout ça. Elle est immersive, sensorielle sans être lourde, et parvient à faire ressentir la peur, le froid, la tension. Il y a quelque chose de presque organique dans la manière dont le récit se construit, comme si chaque élément faisait partie d’un tout cohérent.

Mais ce choix d’écriture a aussi ses limites. Le rythme est lent, surtout au début. Il faut accepter de ne pas tout comprendre immédiatement, de rester dans le flou, et ce n’est pas toujours évident. Certains passages prennent vraiment le temps de s’installer, parfois au détriment de l’élan narratif.

Il y a aussi ce sentiment que beaucoup de choses sont posées, mais encore peu exploitées. Le roman installe énormément d’éléments, d’idées, de mystères, mais sans forcément offrir de réponses immédiates. Cela donne envie de continuer, oui, mais peut aussi laisser une impression d’inachevé sur ce premier tome.

Malgré cela, Le Guet de More reste une lecture marquante. Ce n’est pas une fantasy classique, ni une aventure rapide. C’est une immersion lente, presque étouffante, dans un monde qui se dévoile couche après couche.

Et au fond, c’est peut-être ça qui fait sa force. Cette sensation de progresser à tâtons dans la brume, sans jamais vraiment voir clairement, mais en ressentant chaque chose avec une intensité particulière.

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