Informations
- Mangaka : Yuu Morikawa.
- Maison d’édition : Delcourt-Tonkam / Moonlight Manga.
- Genre(s) : Slice of Life.
- Prix : 8€50
- Résumé : Depuis qu’il est jeune, Mahiru cuisine pour adoucir les peines de ses proches. Quand son père, veuf, décide de quitter le Japon sans se soucier de Mahiru, il est recueilli par Yoruko, une romancière. Il lui concocte ses meilleurs plats pour obtenir son amitié, mais il va se rendre compte qu’elle est incapable de manger et qu’elle cache au fond d’elle un profond malaise…

Avis
Dans Reprendre goût à la vie Tome 1 de Yuu Morikawa, on plonge doucement dans une histoire qui murmure plus qu’elle ne chante, mais qui laisse vraiment une empreinte délicate une fois refermée. Le récit suit Mahiru, un lycéen dont la passion pour la cuisine est presque une manière de respirer, et sa cohabitation avec Yoruko, romancière mélancolique qui refuse de manger ou presque. À travers leurs interactions, le manga explore avec beaucoup de pudeur la solitude, les blessures du passé et le besoin fragile de se reconnecter aux autres et à soi‐même.
Ce qui touche profondément dans ce premier tome, c’est la sensibilité avec laquelle sont amenés les personnages. Mahiru est une figure lumineuse malgré tout ce qu’il a traversé, et c’est presque à travers ses gestes, ses plats et son optimisme tranquille qu’on ressent l’émotion du récit. Le contraste avec Yoruko est saisissant : elle incarne un vide difficile à combler, et ce refus de se nourrir devient presque une métaphore tendre et douloureuse de son mal‐être intérieur. On sent que chaque page a été pensée pour que le lecteur ressente ces mouvements subtils entre eux deux, et même si certains éléments de l’intrigue semblent improbables à première vue, cette douceur sincère finit par nous captiver.
Graphiquement, le dessin n’est jamais tape-à-l’œil mais il sert parfaitement l’ambiance. On sent une vraie tendresse dans les expressions, et les scènes plus intimes sont rendues avec beaucoup de justesse, ce qui permet de s’attacher encore plus aux silences ou aux petits progrès des personnages. Le rythme de l’histoire est posé, presque contemplatif, ce qui peut être une force quand on a envie de se laisser porter, mais aussi un point faible si on recherche une narration plus dynamique ou des enjeux forts très rapidement.
Et justement, c’est peut-être là que réside l’un des plus grands points faibles de ce tome : sa tranquillité presque trop tranquille. L’intrigue avance à petits pas, ce qui est envoûtant et réconfortant d’un côté, mais peut aussi laisser une légère impression de répétition ou d’imprécision narrative pour ceux qui aiment sentir les fils du récit se tendre. L’ensemble reste court et pourrait laisser sur sa faim, même si chaque moment passé avec Mahiru et Yoruko porte une émotion simple et touchante.
En somme, ce premier volume est une lecture douce et bienveillante, portée par des personnages qui ont besoin de temps pour guérir et pour se trouver. Ce n’est peut-être pas un manga qui bouleverse d’emblée, mais si tu apprécies les histoires sensibles où chaque petit pas vers l’autre compte, il t’offrira une parenthèse réconfortante, teintée d’émotions délicates.
Le liras-tu ?
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